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5 août 2026   |    Environnement

Portrait de producteur - La Ruche à Ti-Bee : une passion qui bourdonne au cœur de la nature

José Couvrette, La Ruche à Ti-Bee

Dans le cadre du Plan de développement d'une communauté nourricière (PDCN), nous vous présentons un deuxième portrait de producteur local : La Ruche à Ti-Bee.

Il suffit d’ouvrir une ruche pour comprendre que rien n’y est laissé au hasard. Des milliers d’abeilles s’activent dans une impressionnante chorégraphie où chacune joue un rôle bien précis. Et au cœur de cet écosystème fascinant, José Couvrette et Stéphanie Charbonneau occupent celui d’apiculteurs dans cette toute nouvelle entreprise que le couple a choisi d’installer au Parc agricole de Contrecœur : La Ruche à Ti-Bee. 

Quand une passion reprend son envol

Si l’entreprise n’existe officiellement que depuis deux ans, son histoire, elle, a commencé bien avant. Enfant d’une famille maraîchère, José découvre l’apiculture dès l’adolescence grâce à son voisin apiculteur chez qui il travaille dès l’âge de 14 ans. Quelques années plus tard, il possède déjà ses premières ruches. Puis, la vie suit son cours : il devient électricien, fonde une famille et met cette passion de côté… jusqu’à tout récemment, alors que l’approche de la retraite lui donne l’envie de refaire une place aux ruches dans son quotidien bien occupé. 

« Je trouve ça beau de voir qu’il a pris le temps de revivre cette passion là en continuant de travailler fort dans toutes les autres sphères de sa vie », mentionne avec fierté Stéphanie. 

Cette dernière est née en ville, loin des champs, mais José « embarque sa femme dans ses folies » et c’est ainsi que Stéphanie commence à veiller avec lui sur une quinzaine de ruches, chacune abritant entre 40 000 et 80 000 abeilles. Un univers vivant qui demande patience, observation et savoir-faire.

Prendre soin des abeilles…

Être apiculteur, c’est vivre au rythme des abeilles et des saisons. Tout au long de l’année, José veille à la santé de ses colonies. À l’automne, après la dernière récolte de miel, il fabrique un sirop adapté à leurs besoins hivernaux et prépare soigneusement les ruches pour affronter le froid, mais surtout l’humidité qui peut leur être fatale sans une bonne ventilation. 

Au printemps, il accompagne les colonies jusqu’au retour des premières floraisons et applique les traitements nécessaires contre le varroa, un minuscule acarien qui affaiblit les abeilles et transmet diverses maladies. 

Durant l’été, les inspections sont fréquentes – tous les dix jours environ – afin de s’assurer qu’aucun essaimage ne compromette la production de miel. José porte aussi une attention particulière au développement des colonies : diviser les ruches, favoriser l’émergence de nouvelles reines et voir naître de nouvelles familles d’abeilles comptent parmi les aspects qu’il préfère de son rôle d’apiculteur. 

À ce travail minutieux s’ajoutent plusieurs défis. Outre le varroa, deux autres menaces préoccupent les apiculteurs du Québec : le petit coléoptère de la ruche, contre lequel il n’existe encore que des pièges plus ou moins efficaces, et le frelon européen qui mange carrément les abeilles. Les changements climatiques exigent également une adaptation constante : les longues périodes de pluie modifient la qualité du nectar, tandis que les gros épisodes de chaleur, s’ils favorisent la production de miel, donnent des sueurs à l’apiculteur dans son habit de protection. Observer, comprendre et s’ajuster font partie intégrante du travail de José. 

… et de l’entreprise

Si José est le maître d’œuvre des ruches et des abeilles, il n’hésite pas à clamer sa fierté à l’égard de sa femme Stéphanie qui est le moteur de la commercialisation de l’entreprise : nettoyage du matériel, mise en pot du précieux miel, comptabilité, ventes et développement de la mise en marché font partie de son quotidien. 

Il est déjà possible de se procurer leur miel à leur domicile (1906, rang du Brûlé, à Saint-Antoine-sur-Richelieu), à la ferme Serso, à la boucherie ML de Contrecœur et dans quelques autres commerces des environs. Ils souhaitent accroître la présence des produits locaux sur les tablettes et sont toujours à la recherche de nouveaux lieux de distribution. Ils espèrent voir renaître un marché fermier à Contrecœur et ont hâte aux prochaines phases de développement du Parc agricole qui devraient leur permettre de vendre directement sur place. 

Autodidacte et animée par le désir d’en apprendre toujours davantage, Stéphanie aspire aussi un jour à maîtriser l’élevage de reines pour développer ce volet au sein de La Ruche à Ti-Bee. 

Le couple nourrit également d’autres projets pour les prochaines années, notamment l’ouverture d’une véritable boutique à l’année dans une pièce dédiée de leur maison et la diversification de leur offre avec de nouveaux produits de la ruche tels que les rayons de miel et le miel baratté. 

Un produit précieux et unique    

À la Ruche à Ti-Bee, le miel est offert dans son état le plus naturel, sans aucune pasteurisation. Pour José et Stéphanie, c’est une évidence : la pasteurisation réduit de moitié les minéraux et certaines propriétés naturellement présentes dans le miel. 

Le miel est récolté environ trois fois au cours de l’été : vers la mi-juillet, la mi-août et le début de septembre. Plus la saison avance, plus il y a de fleurs sauvages et alors, plus le miel est sucré et foncé. Le profil de saveurs sera toujours unique, mais ce qui est invariable, c’est le travail colossal derrière chaque pot, autant pour les apiculteurs que pour les abeilles elles-mêmes. Au cours de sa vie, une abeille effectue, dans un rayon de trois kilomètres, près de 50 000 allers-retours entre la ruche et les fleurs pour produire l’équivalent d’une seule cuillère à thé de miel. Une réalité qui rappelle à quel point chaque goutte de miel est précieuse.

Heureusement, le miel est un aliment tellement exceptionnel qu’il se conserve indéfiniment. Quant à la cristallisation, souvent perçue à tort comme un défaut ou un indice que le produit est périmé, elle est plutôt la preuve d’un miel authentique. Il suffit de le réchauffer pour dissoudre les cristaux de sucre et lui redonner sa texture. 

Que ce soit en cuisine ou pour ses nombreuses vertus médicinales, José et Stéphanie encouragent les consommateurs à découvrir les mille et une façons d’utiliser le miel. 

Derrière chaque pot, une histoire

Si la Ruche à Ti-Bee devait se résumer à un seul mot, ce serait effort.

L’effort de deux passionnés qui apprennent, expérimentent et développent leur entreprise jour après jour. L’effort des dizaines de milliers d’abeilles qui travaillent en parfaite collaboration. Et l’effort collectif nécessaire pour préserver ces précieuses pollinisatrices, indispensables à notre agriculture comme à notre biodiversité. 

En choisissant un miel local, on ne rapporte pas seulement un produit à la maison : on investit dans une communauté nourricière soutenue entre autres par le savoir-faire indispensable des apiculteurs. 

En savoir plus sur le PDCN

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